Barrage d’Assouan : l’histoire du Haut Barrage et du lac Nasser
Pourquoi presque tous les programmes à Assouan réservent-ils une halte devant un barrage de béton plutôt que devant un temple de plus ? Le barrage d’Assouan, construit en Égypte entre 1960 et 1970, a discrètement remodelé toute la vallée du Nil : ses crues, ses terres agricoles et même les animaux qui nagent encore dans ses eaux aujourd’hui.
Pourquoi le Haut Barrage d’Assouan mérite-t-il une halte ?
Le barrage a mis fin au plus vieil ennemi de l’Égypte : la crue imprévisible du Nil. Avant 1970, une crue faible signifiait la famine et une crue forte, des villages ravagés. Le Haut Barrage a changé cela pour de bon : les ingénieurs contrôlent désormais le débit du fleuve, le barrage fournit une électricité hydraulique stable et il a donné naissance au lac Nasser, l’un des plus grands réservoirs artificiels de la planète.
- Longueur en crête : environ 3 830 mètres, d’une rive à l’autre, à travers le Nil et le désert
- Hauteur : environ 111 mètres au-dessus du lit du fleuve
- Période de construction : de janvier 1960 à juillet 1970, avec une inauguration officielle en janvier 1971
- Réservoir créé : le lac Nasser, qui s’étend sur des centaines de kilomètres jusqu’au Soudan
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Les deux barrages d’Assouan : le barrage bas britannique et le Haut Barrage
Assouan compte en réalité deux barrages, et les confondre est l’erreur la plus fréquente des visiteurs qui viennent pour la première fois. Le plus ancien précède le Haut Barrage de plus d’un demi-siècle.
| Caractéristique | Barrage bas d’Assouan | Haut Barrage d’Assouan |
|---|---|---|
| Construction | 1898 – 1902 | 1960 – 1970 |
| Bâti par | Des ingénieurs britanniques, sous domination anglo-égyptienne | L’Égypte, avec l’ingénierie et le financement soviétiques |
| Inauguration | 10 décembre 1902, par le duc de Connaught | Inauguration officielle en janvier 1971 |
| Rôle principal | Contrôle élémentaire des crues et de l’irrigation | Contrôle complet des crues, électricité hydraulique et lac Nasser |
Pourquoi les crocodiles du Nil ne descendent plus jamais au-delà d’Assouan
Les anciens Égyptiens vénéraient le crocodile du Nil sous les traits du dieu Sobek, dans les temples de Kom Ombo, juste au nord d’ici, et pourtant aucun crocodile sauvage ne vit aujourd’hui dans cette portion du fleuve.
La raison remonte directement au barrage : les crocodiles du Nil restent désormais presque tous au sud, dans le lac Nasser, car l’ouvrage lui-même leur barre la route vers l’aval.
C’est l’un des rares endroits au monde où une seule construction moderne a redessiné l’aire de répartition d’un animal qui a survécu aux pharaons.
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Qu’est-ce que l’Égypte y a gagné, et à quel prix ?
Tout grand barrage échange une série de problèmes contre une autre, et le Haut Barrage ne fait pas exception.
| Ce que l’Égypte a gagné | Ce que cela a coûté |
|---|---|
| Irrigation toute l’année et récoltes plus abondantes | Disparition du limon naturel du Nil, qui a fait grimper le coût des engrais pour les agriculteurs |
| Électricité hydraulique fiable pour le réseau national | Une nappe phréatique en hausse, qui a endommagé des monuments antiques et les réseaux d’égouts des villes |
| Protection contre les crues et les sécheresses pour toute la vallée du Nil | Le déplacement des communautés nubiennes, dont les villages ont été engloutis par le lac Nasser |
| Une réserve d’eau stable en cas de sécheresse régionale | Une baisse documentée des prises de sardines en Méditerranée, liée à la diminution du limon qui atteint la mer |

Visiter le barrage d’Assouan : billets, point de vue et photos
Un billet d’entrée général donne accès à l’espace d’observation public et à la petite maquette du barrage ; les tarifs sont fixés en livres égyptiennes et le mieux est de les confirmer avec votre guide le jour même, car ils sont ajustés périodiquement.
Le principal point de vue se trouve au-dessus de l’extrémité ouest du barrage. Il donne sur le lac Nasser d’un côté et sur le chenal de l’ancien barrage bas d’Assouan de l’autre : c’est le meilleur angle pour les photos, surtout dans la lumière douce du petit matin, avant que la brume de midi ne s’installe.
La photographie est en général autorisée depuis le point de vue public, mais les zones militaires voisines restent interdites ; mieux vaut donc rester dans l’espace balisé réservé aux visiteurs.
Le regard d’un guide de croisière sur le barrage
« La plupart des guides traitent l’arrêt au Haut Barrage comme une simple formalité, mais pas les nôtres », explique Mostafa, égyptologue et guide chez Nile Travel Machine, installé à Assouan depuis plus de dix ans.
« Je dis toujours à mes invités de regarder vers le sud avant de regarder le barrage lui-même : cette vue du lac Nasser qui se perd à l’horizon en dit plus sur la sécurité hydrique de l’Égypte que n’importe quel panneau. »
Son conseil pratique : apportez des lunettes de soleil et venez tôt, car la promenade n’offre presque aucune ombre et le reflet sur l’eau devient intense en milieu de journée.
Cet arrêt se combine naturellement avec les temples que le barrage a permis de sauver : découvrez notre excursion au temple de Kalabsha ou notre excursion au temple de Philae pour voir les monuments déplacés tout près d’ici.
Pour une analyse technique plus poussée de la construction du barrage, la fiche de Britannica sur le Haut Barrage d’Assouan (en anglais) est une bonne référence.
Prêt à ajouter cette étape à votre voyage sur le Nil ? Réservez une excursion d’une journée à Assouan qui associe le Haut Barrage, le temple de Philae et l’obélisque inachevé dans un seul parcours fluide. Les voyageurs qui combinent la Haute-Égypte et la côte prolongent souvent leur séjour avec nos excursions à Hurghada.

La politique de la guerre froide derrière le plus grand chantier de l’Égypte
Le Haut Barrage a bien failli ne jamais se faire comme il s’est fait. Les États-Unis et la Banque mondiale ont retiré leur offre de financement en 1956, dans un contexte de tensions croissantes de la guerre froide avec le gouvernement égyptien, ce qui a poussé le président Gamal Abdel Nasser à nationaliser le canal de Suez et à se tourner vers l’Union soviétique.
Les ingénieurs et les financements soviétiques ont mené le projet à terme au cours de la décennie suivante, ce qui explique en partie pourquoi le réservoir situé derrière le barrage porte le nom de Nasser : le lac Nasser.
Barrage d’Assouan : questions fréquentes
Y avait-il déjà un barrage à Assouan avant le Haut Barrage ?
Oui. Des ingénieurs britanniques ont construit le premier barrage d’Assouan, aujourd’hui appelé barrage bas, entre 1898 et 1902, soit des décennies avant le chantier bien plus vaste du Haut Barrage d’Assouan, lancé en 1960.
Pourquoi les États-Unis ont-ils retiré leur financement du Haut Barrage ?
Washington et la Banque mondiale ont retiré leur offre de financement en 1956, dans un climat de tensions politiques propre à la guerre froide avec le gouvernement de Nasser, ce qui a conduit l’Égypte à accepter un financement soviétique.
Quels problèmes le Haut Barrage d’Assouan a-t-il causés depuis sa construction ?
Ses avantages ont eu des contreparties : moins de limon naturel pour les terres agricoles, une nappe phréatique qui monte près des monuments antiques et le déplacement des communautés nubiennes installées sur les anciennes rives.
Y a-t-il encore des crocodiles près du Haut Barrage d’Assouan ?
Oui, mais presque exclusivement au sud du barrage. Les crocodiles du Nil sont toujours nombreux dans le lac Nasser, tandis que l’ouvrage les empêche de descendre plus loin vers la ville d’Assouan.
Vingt minutes d’arrêt qui valent le détour
Le barrage d’Assouan n’est pas une simple pause photo entre deux temples : c’est la raison d’être du lac Nasser, la raison pour laquelle les villages nubiens ont l’aspect qu’on leur connaît aujourd’hui, et la raison pour laquelle le Nil ne submerge plus un seul champ par accident.
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